Zoonoses

Les parasites du chien et du chat et les risques pour l’homme

La leishmaniose

La leishmaniose est une maladie parasitaire. Le parasite qui la provoque dans nos régions se nomme Leishmania infantum (traduction latine : « la leishmanie des enfants »). Cet organisme protozoaire flagellé parasite de nombreuses espèces mammifères, dont l’Homme, lesquelles lui servent de réservoir et d’habitat. Leishmania infantum passe d’un mammifère à un autre par l’intermédiaire des moustiques de la famille des phlébotomes, qui lui servent de vecteur. La contamination fonctionne suivant la logique dite de « l’aiguille contaminée » : un phlébotome pique un animal ou humain porteur de leishmanies, se contamine lors de son repas (il se « salit la bouche ») puis réinjecte les leishmanies ayant souillé sa « bouche » dans un autre animal ou humain , lors de son repas suivant.
La leishmaniose s’exprime de la même façon chez la plupart des espèces concernées (dans notre cas : le chien et l’homme). C’est une maladie chronique à diagnostic souvent tardif : les experts évoquent une expression clinique dans les 2 mois à 8 ans (!!!) qui suivent la contamination. Il existe deux expressions cliniques :- cutanée : lésions d’ulcération de la peau, nécroses superficielles, pellicules grises de grande taille (dit « furfur amiantacé »). Cette forme est fréquente chez le chien, rarissime chez l’Homme pour L. infantum (mais elle existe pour d’autres sous-familles de Leishmanies).- viscérale : fièvre, abattement, anémie, perte de poids, atteinte des yeux, du foie, des reins et de la rate. L’issue de la maladie peut être mortelle. Cette forme est la même pour le chien et l’Homme et ce dernier en meurt tout aussi bien que n’importe quel autre animal si la maladie n’est pas traitée dans les temps.
Chez l’Homme, la leishmaniose à Leishmania infantum touche essentiellement les enfants (comme son nom l’indique) et les personnes immunodéprimés (VIH, traitements anticancéreux, etc). Il existe pour l’Homme des traitements efficaces et la plupart des patients traités guérissent définitivement (la plupart mais pas tous).En France, quelques dizaines de cas sont recensés chaque année. Dans le monde, c’est entre 1,5 millions et 2 millions de nouveaux cas par an. De nombreux centres de recherche prennent cette menace très au sérieux et différents consortiums pluri-disciplinaires l’étudient attentivement.
Je terminerai en citant le site de l’ESCCAP (European Scientific Counsel Companion Animal Parasites, que l’on peut traduire en Comité Scientifique Européen d’études des Parasites des Animaux de Compagnie) :
« Le chien est une source de leishmanies pour l’Homme, par l’intermédiaire du phlébotome. Un chien atteint de leishmaniose évoluant dans un milieu où les phlébotomes sont présents représente donc un réel danger pour les humains. Dans ce cas, pour protéger les enfants ou les personnes fragilisées vivant à proximité, il peut être préférable de ne pas traiter l’animal – lequel restera porteur du parasite toute sa vie – et d’envisager son euthanasie. »
Eléments de bibliographie dématérialisée :- https://www.esccap.fr/maladies-vectorielles/leishmaniose.html#ancre7https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/leishmaniosehttps://fr.wikipedia.org/wiki/Leishmaniose

La parvovirose chez le chien

La parvovirose canine est une maladie causée par un virus très résistant et difficile à combattre. Elle peut toucher n’importe quel chien, quels que soient son environnement et son âge, même s’il existe des facteurs favorisants. Très contagieuse, cette affection entraîne malheureusement dans la plupart des cas la mort de l’animal infecté en quelques jours seulement.
C’est pourquoi il est important de savoir détecter les premiers symptômes de la parvovirose, afin de pouvoir agir au plus vite en cas de contamination. Les traitements étant lourds et rarement efficaces, la prévention est plutôt conseillée.
La parvovirose canineQu’est-ce que la parvovirose canine ?Le parvovirus responsable de la parvovirose est une souche virulente et résistante aux produits de désinfection usuels. Pour cette raison, le chien n’a pas besoin de se trouver dans un environnement sale pour être contaminé, la propagation du virus se faisant par les excréments des animaux atteints. Ainsi, la parvovirose peut s’attaquer à tout animal qui viendrait à lécher les selles ou les vomissures d’un autre animal infesté par la maladie, pendant les sorties par exemple ou lors de contacts avec d’autres chiens comme c’est le cas dans les refuges pour animaux ou dans les élevages notamment.
De plus, les jeunes chiens (moins de 6 mois) sont plus sensibles aux parvovirus, particulièrement lors de la « période critique » où le chiot n’est plus protégé par les anticorps de sa mère. Prudence et prévention sont donc de rigueur : ne faites pas sortir votre chiot avant que ses vaccins ne soient à jour, et évitez d’introduire dans l’environnement d’autres animaux potentiellement porteurs du virus.
Symptômes de la parvoviroseLe parvovirus progresse rapidement dans l’organisme du chien et se répand totalement dans ce dernier après 3 jours de présence seulement. Cette première phase se traduit par de la fièvre, une grande fatigue et une perte d’appétit. Plus tard, lorsque le virus atteint les intestins et la moelle osseuse, il va provoquer des vomissements et des diarrhées hémorragiques très impressionnantes. La contamination par la moelle osseuse va provoquer une chute du nombre de globules blancs se traduisant par un déficit des défenses immunitaires, rendant le chien plus vulnérable aux autres maladies.
Des infections supplémentaires peuvent alors survenir et affaiblir encore plus l’animal… Si les adultes résistent mieux que les jeunes chiens, ils peuvent aussi être sévèrement touchés. L’état peut s’améliorer avec des soins longs et intensifs, mais le taux de mortalité reste important. Du fait des diarrhées et vomissements excessifs, le chien peut rapidement périr de déshydratation.
Comment traiter la parvovirose ?Une fois les symptômes déclarés, il faut agir vite et procéder à la réhydratation de l’animal et au rééquilibrage de certains nutriments essentiels comme le glucose et le potassium. Il s’agit de soins intensifs qui devront être effectués au sein de la clinique vétérinaire, où le chien restera plusieurs jours sous perfusion. Le vétérinaire pourra aussi administrer des anti-vomitifs afin de réalimenter l’animal, et ainsi accélérer la réparation des muqueuses intestinales.
Un traitement antibiotique est également nécessaire pour stopper la contamination par des bactéries supplémentaires et éviter la septicémie qui risquerait de s’ajouter aux ravages du virus. D’importantes précautions sanitaires doivent être mises en place pour ne pas contaminer les autres animaux présents dans la clinique. Ainsi, le traitement et la prise en charge de la maladie sont lourds et coûteux, pour des chances de survie qui restent faibles. Il faudra aussi procéder à une décontamination complète de l’habitat du chien, le parvovirus pouvant résister dans l’environnement jusqu’à plusieurs mois voire des années.
Mesures préventives contre la parvoviroseLa seule prévention efficace contre la parvovirose est la vaccination, mais elle ne sera pleinement efficace qu’après les 12 semaines du chiot : la présence des anti-corps transmis par le lait maternel inhibe le virus, donc le vaccin aussi, avant cet âge ! Par conséquent, un chiot vacciné trop jeune ne sera pas protégé. En attendant que la vaccination soit possible, le principe de précaution s’applique : éviter tout contact avec des chiens non vaccinés, et désinfecter l’habitat à l’eau de Javel en cas de souillure. C’est le seul désinfectant efficient contre le virus, avec la soude caustique.
Dans l’idéal, il faudra attendre jusqu’à une heure avant de rincer pour une décontamination optimale. Tout objet ayant été potentiellement en contact avec des excréments (chaussures…) doivent être désinfectés et laissés si possible à l’extérieur de la maison. Soyez particulièrement vigilants entre la 8ème et la 12ème semaine du chiot, période de transition où les anti-corps maternels ne le protègent plus à 100% mais inhibent encore le vaccin.

La rage chez le chien

Maladie transmissible à l’homme et toujours mortelle, la rage fait peur même si elle est éradiquée de France depuis un bon nombre d’années. Le chien reste pourtant une espèce montrée du doigt suite à plusieurs importations de chiens atteints de rage.
La rage est une maladie causée par un virus présent partout dans le monde (sauf sur le continent océanique). En France, elle reste rare mais le risque existe toujours.
Le mode de transmissionLe virus est fortement concentré dans la salive des animaux porteurs. La transmission de la maladie se fait principalement par morsure d’un animal porteur du virus, et cela même avant qu’il n’ait des symptômes de la maladie. C’est la raison pour laquelle toute morsure doit être prise au sérieux, même si l’animal est apparemment sain.

Les symptômes de la rageAprès la morsure, le virus migre dans le cerveau avant de rejoindre les glandes salivaires.Cette migration, appelée incubation, est de durée très variable, selon l’espèce, le lieu de morsure, la souche de virus et parfois très longue (de un mois à plusieurs années). Chez le chien, elle est en moyenne assez courte, de 15 à 60 jours, mais il y a toujours des exceptions.C’est dans le cerveau que le virus se reproduit et fait des dégâts.Les symptômes de la rage sont donc principalement nerveux : changements de comportement (agressivité, peur), problèmes de déglutition, voix modifiée, salivation, paralysies, démangeaisons. Mais de nombreux symptômes très variés sont possibles.
Il n’y a pas de traitement efficace : la mort est irrémédiable et survient en 4 à 5 jours après les premiers symptômes chez le chien.

Le diagnostic de la rageIl repose sur l’évolution des symptômes nerveux. C’est pourquoi il est interdit d’euthanasier un chien qui a mordu un être humain avant un délai de quinze jours. Le garder en observation est le seul moyen de savoir s’il était vraiment malade ou s’il a pu transmettre la maladie.Le diagnostic définitif devra être toutefois confirmé dans tous les cas par examen microscopique de coupes du cerveau et par inoculation à des cellules en culture dans des laboratoires habilités.
Que faire si vous êtes en contact avec des animaux sauvages ?
Evitez le contact avec tout animal inconnu, en particulier dans les pays à risque.Après une morsure par un animal (sauvage ou domestique), lavez la plaie longuement (au moins 5 minutes) avec de l’eau savonneuse. Un médecin d’un institut spécialisé pourra mettre en œuvre un sérum anti-rabique si nécessaire.Chez l’homme, la vaccination est fortement conseillée pour les populations à risques (vétérinaires, techniciens de laboratoires spécialisés, garde chasse).
La prévention pour le chienLa vaccination reste le moyen le plus sûr de prévenir la maladie chez le chien et d’en limiter l’extension. On peut la pratiquer dès l’âge de trois mois.
Il faut aussi savoir que des campagnes de vaccination orale des renards ont été effectuées en France (lâchers d’appâts par hélicoptère), ce qui a fortement contribué à faire régresser la rage dans ces populations.

La législation de la rageLa gravité de la maladie et sa transmission possible à l’homme ont conduit à des mesures strictes.La vaccination et l’identification sont obligatoires :
Pour se rendre à l’étrangerPour l’introduction ou la réintroduction en France de tout carnivore domestiqueDans certains autres cas : animaux soumis à la loi sur les chiens dangereux.La France étant indemne de rage, l’obligation de vaccination antirabique des lévriers engagés dans les courses publiques et des carnivores domestiques dans les campings, centres de vacances, exposition ou tout lieu de rassemblement est supprimée. De plus, il n’est plus nécessaire de vacciner contre la rage les chiens et chats voyageant en Corse, en départements d’Outre-Mer (Réunion, Martinique, Guadeloupe) hormis la Guyane. Pour les pensions et chenils, il faut s’adresser directement au professionnel.
On ne peut légalement vacciner que les animaux de plus de trois mois.A l’issue de la première vaccination, un délai pour la validité de cette vaccination est nécessaire, il est de 21 jours après l’injection. Le premier rappel se fait un an après la primo-vaccination. Les rappels ultérieurs peuvent être espacés (jusqu’à 3 ans), cela dépend des vaccins. En cas d’oubli du rappel, le protocole devra être repris depuis le début (vaccination valable 21 jours après).
La vaccination antirabique est noté sur le passeport de l’animal. Le passeport est à la fois le support de l’identification de votre animal et de ses vaccins.

Les animaux mordeursTout animal ayant mordu ou griffé une personne doit être mis sous surveillance « chien mordeur ».Cette surveillance a pour but d’éviter le développement de la maladie chez la personne mordue en s’assurant que l’animal ne présente pas de symptômes de rage dans les quinze jours suivant la morsure.
Elle s’effectue chez un vétérinaire, à la diligence et aux frais du propriétaire du chien ou de son détenteur. Si l’animal ne possède pas de propriétaire, c’est la mairie qui le prend en charge par l’intermédiaire d’une fourrière.Elle consiste en trois visites chez le vétérinaire : la première au plus tôt après la morsure (moins de 24 heures), la seconde et la troisième respectivement 7 jours et 15 jours après.La présentation chez un vétérinaire d’un chien mordeur est une obligation légale qui met en jeu la responsabilité pénale du propriétaire (amendes et peines de prison). Le propriétaire est tenu de présenter son animal aux rendez-vous fixés et de déclarer au plus vite, la disparition des signes de maladie (ou la mort de l’animal le cas échéant), au vétérinaire et aux autorités publiques (services de police, mairie). Il ne peut se séparer de son animal sans l’autorisation du directeur départemental des services vétérinaires.
A la suite de chaque visite, le vétérinaire remet au propriétaire un certificat en trois exemplaires, attestant qu’il ne constate pas de symptômes de rage :
Un certificat pour la personne mordue ou propriétaire de l’animal mordu.Un pour lui-même.Un pour les services de police.Le vétérinaire garde aussi un exemplaire pour lui et en fait parvenir un à la Direction Départementale de la cohésion sociale et de la Protection des Populations (DDcsPP).
A l’issue des visites:
Si l’animal est en vie et ne présente pas de symptômes, il y a impossibilité qu’il ait transmis la maladie suite à la morsure. La procédure est alors terminée (et la personne mordue peut être rassurée !).Si l’animal meurt ou présente des symptômes compatibles avec la rage durant les deux semaines, le médecin du centre anti-rabique pourra prendre la décision de faire un sérum anti-rabique au patient mordu.Si l’animal meurt effectivement, il sera autopsié et des prélèvements seront envoyés au laboratoire afin d’avoir un diagnostic de certitude.ConclusionLa rage est une maladie ancienne très connue, car elle peut toucher l’homme, et il n’existe aucun traitement.Elle a sévi pendant des siècles en Europe et est toujours présente de nos jours dans certains pays (notamment en Afrique et en Asie), où des centaines de personnes meurent de la rage chaque année.Depuis la découverte de la vaccination, et suite aux campagnes de vaccination des animaux de compagnie et des renards, la rage a disparu du territoire français.Elle reste cependant encore une menace avec l’augmentation du nombre d’animaux qui voyagent en pays à risque. C’est pourquoi nous vous conseillons vivement de vacciner votre chien contre la rage même si vous ne voyagez pas à l’étranger avec votre animal.